Négligence environnementale liée au Port de Québec dans le projet de la Coop Fédérée à l’Anse au Foulon

LETTRE ADRESSÉE AU CABINET DE L’HONORABLE MINISTRE DE L’ENVIRONNEMENT DU CANADA JONATHAN WILKINSON

Daniel Green — ex-chef adjoint — Parti vert du Canada et co-président de la Société pour vaincre la pollution

Québec, le 5 mai 2021 – Daniel Green se joint à l’Alliance des Verts de la région de Québec-Chaudière-Appalaches, pour dénoncer la négligence environnementale dont fait preuve le Port de Québec dans le projet de la Coop Fédérée à l’Anse au Foulon.

L’Administration portuaire de Québec et la Coop Fédérée tentent de construire un terminal maritime d’exportation de grains dans le secteur de l’Anse au Foulon, qui n’a toujours pas été entièrement décontaminé suite aux activités des industries pétrolières. À ce jour, des concentrations de produits toxiques importants risquent encore de polluer le fleuve St-Laurent.

Les documents confidentiels obtenus par Daniel Green, ont été produits par les compagnies pétrochimiques qui ont elles-mêmes occupé ces lieux durant les années 30 jusqu’à la fin des années 90. D’après ces informations – des compagnies pétrolières comme Esso, Shell et Ultramar auraient quitté les lieux, sans que la contamination résiduelle laissée par leurs activités industrielles ne soit complètement retirée. Un peu comme une décontamination « à rabais ». Mais ce n’est pas tout …

D’après des données fournies par les compagnies pétrolières elles-mêmes, il y aurait des phases flottantes d’hydrocarbure à 3 à 4 mètres de profondeur dans l’emprise portuaire de ce secteur. On pouvait littéralement y pomper de l’huile, ce qui est significatif en termes de contamination.

Maintenant, l’Administration portuaire du Québec tente à nouveau de « louer » ce même secteur contaminé à la Coop Fédérée. Mais construire un terminal maritime sur un terrain déjà contaminé risque de polluer encore plus le fleuve Saint-Laurent. Il faut arrêter d’hypothéquer la qualité du fleuve dans ce secteur et procéder à un nettoyage plus profond et plus complet. Selon le principe « pollueur payeur » c’est aux pétrolières polluantes à finir la décontamination du secteur qu’elles ont pollué.

Est-ce que le Port de Québec fait de l’aveuglement volontaire face aux grandes sociétés pétrolières qui ont pollué ce territoire fédéral qui nous appartient tous? Dur de ne pas y penser lorsque les faits sont aussi criants.

Une fois de plus ces faits exposent les manquements du Port de Québec en matière environnementale.

Actuellement, l’Administration portuaire de Québec, une société fédérale, agit comme juge et partie dans l’autorisation d’une décontamination à rabais et des projets ayant des incidences environnementales, et ce, sans aucune contre-vérification des autorités environnementales chargées d’appliquer la Loi canadienne de protection de l’environnement et la Loi des Pêches du Canada.

Il faut le dire et le redire, l’Administration portuaire de Québec n’est pas au-dessus des lois environnementales canadiennes. Voilà pourquoi nous demandons une intervention immédiate d’Environnement Canada et de Pêches et Océans, afin de protéger les eaux du fleuve Saint-Laurent de tout écoulement de substances toxiques de ce site fédéral contaminé.

Ceci est le dernier exemple de l’inaptitude du Port de Québec de faire une bonne gestion environnementale de son emprise portuaire. Il faudrait enlever au Port de Québec toute gérance environnementale de son territoire et la transférer aux autorités fédérales compétentes, en vertu de la loi des pêches et la loi de la protection de l’environnement du Canada.

Nous demandons qu’une évaluation indépendante de celle du Port de Québec soit menée pour caractériser cette zone polluée, identifier les îlots de pollution qui restent et enfin, décontaminer complètement le secteur. Une décontamination en profondeur est nécessaire avant que le projet de la Coop Fédérée puisse aller de l’avant et s’installe à l’Anse au Foulon à la hauteur des quais 106 et 107. Et c’est aux pétrolières, non aux citoyens, de payer pour cette décontamination.

Il y a une limite à ce que peut prendre le fleuve et son écosystème et le ministre de l’Environnement, M. Wilkinson, se doit d’intervenir pour faire respecter les Lois environnementales du pays dans le Port de Québec.

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Renseignements :

Daniel Chicoine, porte-parole

Alliance du Parti Vert de Québec-Chaudière-Appalaches

Téléphone : 581-681-4164

qca@partivert.ca